#3. Confinée, seule avec moi-même

Le confinement nous a isolé de nos proches. Pour beaucoup, il a été difficile d’être seuls et de ne pas pouvoir profiter des joies de la vie : sortir au restaurant ou boire un verre, profiter de moments en famille ou entre amis, aller au cinéma, se défouler au sport… Pour moi, il a été bénéfique. Il m’a permis de passer du temps avec la personne la plus importante de ma vie : moi-même.

Être en télétravail et n’avoir que ça à faire de mes journées, travailler, m’a permis de prendre du recul sur le poste que j’occupais. À mes yeux, un métier est important : il doit être réalisé avec passion, ou en tout cas avec beaucoup d’amour. Certaines personnes ne voient un métier que par ce qu’il pourrait apporter : compétences, salaires, réussites sociales… Pour moi, il doit avant tout me plaire. Parce que c’est pour lui que je me lève tous les matins et c’est lui que je choisis pour me sentir épanouie professionnellement, personnellement et ce, quotidiennement.

Avant le confinement, ma vie m’aspirait : j’étais occupée, je voyais ma famille, mes amis, je passais du temps avec mon copain, je sortais. Je faisais comme tout le monde… Le confinement a fini par m’extirper d’un quotidien pré-programmé, pour me laisser seule avec un travail qui régissait mes journées. Je me suis finalement rendue compte que si je ralentissais ma vie personnelle (et certains moments de bonheur avec), il ne me restait plus que lui. Et il fallait que ma vie ralentisse, que tout le superficiel se fasse plus petit, pour que je puisse enfin me rendre compte de l’essentiel.
Avec ce travail, je n’avais plus aucune envie de me lever le matin pour remplir ses missions. J’ai sentie que chaque tâche à effectuer était un calvaire inimaginable, je n’avais plus envie de faire d’efforts pour aucuns projets, ni aucune personnes. Tout me semblait tellement absurde et dénué de sens. Je ne comprenais pas l’apport réel de mes missions quotidiennes. Je jonglais alors entre plusieurs sentiments… chercher très loin la motivation, ne pas trouver ça normal, culpabiliser de ne plus avoir envie, faire semblant…
Je commençais à comprendre que mon travail n’apportait aucun sens à ma vie, ni au monde qui m’entourait. Il me semblait surfait et inutile… La vision de mon métier était en train d’évoluer, ainsi que la personne que je devenais. Je ne m’épanouissais plus dans mon travail, c’était un fait mais encore plus : un ressenti profond, un besoin urgent de supprimer ce qui n’allait plus. Je n’étais plus en accord avec lui. Il n’était pas normal que mon travail ne m’apporte pas une part d’épanouissement. Chaque aspect de ma vie devrait m’apporter une satisfaction intérieure. Quand on finit par ne voir que les mauvais côtés, c’est que c’est mauvais signe.

Être seule m’a permis de faire le point sur ce que je voulais, ou plutôt ce que je ne voulais pas. On ne trouve pas notre métier rêvé dès le premier coup. Il faut expérimenter seul, faire des erreurs et les ressentir pour pouvoir avancer et surtout apprendre à se connaitre, nos aspirations ainsi que nos limites. J’ai fini par prendre une décision, pleine de peur mais certaine de moi. J’ai démissionné, sans aucun regrets.

One Comment

  1. Sara

    Cet article rejoint ce que j’ai écrit sur le précédent : tout a amené à voir les choses d’un angle différent. L’univers entier a conspiré pour t’amener à ce ressenti, cette expérience de vie !
    J’adore !

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